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CRÉER UNE ENTREPRISE AU CAMEROUN

Entreprendre est bien mais le faire dans la légalité et le respect de l’art est mieux. Dans cette chronique consacrée à la création des entreprises, nous vous présentons les éléments requis pour donner vie de façon légale à son business au Cameroun. La rédaction de cet article s’est basée sur une expérience personnelle en association avec d’autres contenus issus d’autres sites. Vous pouvez également les consulter au niveau de nos sources.

Type d’entreprise et avantages

Il existe sous l’égide du droit OHADA 2 grands types de sociétés commerciales. Dans la première catégorie, on retrouve les sociétés de personnes, à savoir

  • société en nom collectif,
  • société en commandite simple et
  • société en participation.
La seconde catégorie quant à elle regroupe les sociétés de capitaux que sont

  • les sociétés anonymes (SA),
  • les sociétés par actions simplifiées (SAS) pluripersonnelle ou unipersonnelle (SASU),
  • les sociétés en commandite par actions,
  • les sociétés à responsabilité limitée (SARL),
  • les sociétés de coopératives.
La société commerciale induit une gestion plus formelle. Elle peut être créée par une seule personne ou par plusieurs personnes physiques et/ou morales. Elle offre l’avantage de voir le patrimoine de l’entreprise dissocié de celui des promoteurs. Au Cameroun, il existe 3 types de sociétés. Il s’agit entre autres de l’Ets, la SARL et la SAS. Les plus utilisées par les jeunes entrepreneurs sont : l’Ets et la Sarl. 

Les pièces requises pour créer une entreprise au CFCE

En fonction du choix du type d’entreprise, l’entrepreneur doit fournir certaines pièces en vue de la création de son entité.
Pour les entreprises individuelles, il faut

  • 01 photocopie de la Carte Nationale d’Identité (CNI) du promoteur,
  • 01 extrait du casier judiciaire de ce dernier
  • 01 plan de localisation.

Pour les sociétés, on vous demandera :

  • 05 exemplaires des statuts rédigés par un professionnel. Quatre exemplaires devront être timbrés au moment du dépôt.
  • Une photocopie de la CNI de l’associé unique ou des associés,
  • Un extrait du casier judiciaire du gérant,
  • Un plan de localisation.
Les étrangers, c’est à dire les entrepreneurs qui n’ont pas où plus là nationalité Camerounaise peuvent également créer leur entreprise au CFCE. Pour cela, vous devez produire les documents suivants:

  • Une copie du passeport,
  • Une copie de la carte de séjour ou de résidence
  • Un extrait de casier judiciaire de votre pays d’origine,
  • Une copie certifiée conforme de l’acte de mariage ou certificat de célibat,

Le coût de création de l’entreprise au CFCE

Il faut prévoir :

  • 41 500 FCFA pour la création d’une entreprise individuelle (établissement).
  • 55 000 FCFA pour la création d’une SARL, soit 41500Fcfa de frais de procédure et 13500 Fcfa représentant les frais de publicité dans un journal d’annonces légales. Pour ce dernier cas (la SARL), vous devrez en plus prévoir les frais de timbre pour chaque page écrite des statuts.

Les pièces à obtenir

Après tout ceci, vous obtenez un reçu qui atteste de votre enregistrement. Naturellement vous devez bien le conserver car, il vous sera utile lors du retrait de :

  • Le registre de commerce ;
  • L’attestation d’immatriculation
  • Ensuite, aller au centre des impôts auquel on vous a rattaché pour ouvrir un dossier fiscal (environ 50.000 Fcfa), à la fin du processus on vous remet l’attestation de non redevance qui fait office de patente.
  • Attestation de la création d’entreprise accompagnée d’une copie de statut formalisée.
Naturellement, il faudra plus tard se faire enregistrer à la CNPS. Si cela n’est pas fait, au bout d’un certain temps, ils se chargeront de vous contacter et de vous rappeler cette étape.

Signalons cependant qu’avant d’effectuer tout ce que nous avons énummerer plus haut, il est d’abord question de se poser les questions sur le choix de la dénomination de l’entreprise, le nombre d’aasociés ou d’actionnaires, définir l’objet et le siège social et bien d’autres. Toutefois, Effcientcom se dispose à vous accompagner dans cette étape crutiale. Nous espérons vous avoir aidé par cette chronique. N’hésitez pas à contribuer en commentaire. 

Sources :

 

 

 

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L’HYMNE NATIONALE DU CAMEROUN

Connais-tu l’hymne nationale du Cameroun ?
Laquelle des versions maitrises-tu ? non je ne parle pas de la langue (français ou anglais). Ah oui ! le Cameroun avant l’adoption de la version de l’hymne connue et chantée par tous, avait une toute première version pas très connue du grand ensemble. Pourquoi ? interrogeons-nous individuellement.

HISTORIQUEMENT PARLANT

L’histoire retiendra René Jam Afane, compositeur des paroles et Samuel Minkyo Bamba compositeur de la musique comme principaux auteurs. Toutefois, de vives polémiques demeurent quant à la paternité de ce chant de ralliement. L’auteur Arol Ketchiemen affirme que le véritable auteur de la chanson de l’hymne national est Moïse Nyatte Nko’o. En tant que major de sa promotion, il avait été chargé de composer la mélodie. Son nom aurait été banni de cette épopée à cause de son appartenance politique.

Cette thèse est défendue moult auteurs dans multiples travaux scientifiques. Etienne Mveng, auteur d’un mémoire en Histoire sur l’école de Foulassi abonde dans la même logique que Ketchiemen ainsi que le député SHE Onana, député de l’Océan à l’Assemblée fédérale en 1970 également membre de la promotion de 1926-1928 et rapporteur de la commission des lois constitutionnelles sur le projet de loi n°213 d’avril 1970. Cependant, les dates officielles sont 1957 pour l’adoption de l’hymne (version française) et 1978 (version anglaise).

 

 

VERSION ORIGINALE

 

O Cameroun berceau de nos ancêtres ;
autrefois tu vécus dans la barbarie

Comme un soleil tu commences à paraître

Peu à peu tu sors de ta sauvagerie

Refrain

Chère patrie ; terre chérie ;
Tu es notre seul et grand bonheur
Notre joie et notre vie,
A toi l’amour et le grand honneur

 

Tu es la tombe ou dorment nos pères
Le jardin que nos aïeux ont cultivé.
Nous travaillons pour te rendre prospère ;
Un beau jour enfin nous serons arrivés.
De l’Afrique soit fidèle enfant
Et progresse toujours en paix
Espérant que tes jeunes enfants
T’aimeront sans borne à jamais

Refrain

Chère patrie ; terre chérie ;
Tu es notre seul et grand bonheur
Notre joie et notre vie,
A toi l’amour et le grand honneur

 

VERSION ACTUELLE (PARTIE 1 ET 2)

I.
Ô Cameroun , berceau de nos ancêtres,
Va debout et jaloux de ta liberté.
Comme un soleil ton drapeau fier doit être
Un symbole ardent de foi et d’unité.
Que tous tes enfants du nord au sud,
de l’est à l’ouest soient tout amour,
Te servir que ce soit leur seul but,
Pour remplir leur devoir toujours.

Refrain :

Chère patrie terre chérie,
Tu es notre seul et vrai bonheur,
notre joie et notre vie,
A toi l’amour et le grand honneur

II.
Tu es la tombe où dorment nos pères,

Le jardin que nos aïeux ont cultivé.
Nous travaillons pour te rendre prospère.
Un beau jour enfin nous serons arrivés
De l’Afrique sois fidèle enfant,
Et progresse toujours en paix,
Espérant que tes jeunes enfants,

T’aimeront sans bornes à jamais.

 

Ce qu’il est important de retenir ici n’est autre que la genèse et la version première de notre chant de ralliement qui semble être méconnue par plus d’un. Si tu as plus d’information sur le sujet, n’hésite pas de partager cela avec nous en commentaire.

Sources :

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Un hymne ou une hymne ?

Très souvent, lorsqu’on veut prononcer le mot « hymne », on a du mal car ne sachant s’il est masculin ou féminin. Ce qu’il faut noter premièrement est que, que ce soit sous la forme masculine ou féminine, les deux sont correctes. Maintenant la question de fond reste : « que voulons nous dire? ». Il est clair que si nous ne connaissons pas la signification de ce mot sous sa forme masculine ou féminine, on passera à côté de la bonne expression et notre interlocuteur pourrait « se perdre » dans la conversation.

Du masculin…

Un hymne peut est un poème, un chant quelconque exécuté sans l’intention d’être fédéré ou communément admis par la masse. Il ne s’agit ici en aucun cas de considérer qu’une chanson populaire est une hymne. Elle peut néanmoins le devenir pour une communauté qui décide de se reconnaitre et s’identifier par celui-ci. A titre illustratif, Stephane Akam met sur le marché musical une chanson. Celle-ci est considérée comme étant un hymne (un chant quelconque). Sa « fan base » peut décider de s’identifier par celle-ci en faisant d’elle la chanson à exécuter à chacune des rencontres de groupe. Dans ce cas, cette chanson passe du stade « d’un hymne » à « une hymne ». N’empêche que pour le reste de l’auditoire (ne faisant pas parti de cette fan base), la chanson reste un hymne.

 

Au féminin

Une hymne dans son expression féminine, désigne un chant officiel reconnu, accepté/imposé, adopté par tous. L’hymne ici peut faire office du chant de ralliement de chaque nation notamment l’hymne nationale du Cameroun, la marseillaise. L’on peut étendre des exemples en prenant le cas de l’hymne de la champions League. Amoureux du football ou pas, cette hymne est identifiable par tous quelque soit le lieu et les circonstances de son exécution.
As-tu appris quelque chose de nouveau via cette chronique ? ou alors tu connaissais déjà la signification de ces deux mots. Fais nous le savoir en commentaire.
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KATHY ET EVA: des talents peu connus

Parler de musique aujourd’hui dans le monde de vitesse qui est nôtre, se résume à produire des titres à buzz pour le temps d’une écoute. Lorsque cette donne n’est pas respectée, la course au « son de décembre » est lancée. Une situation qui décrédibilise la musique Camerounaise et place inéluctablement les musiques étrangères au premier rang. Faire de la « bonne musique » aujourd’hui relève du mystique. Les acteurs qui en font, sont parfois sous-cotés ou peu écoutés à cause de l’absence du soutien ou encore de l’orientation qu’ils donnent à leurs œuvres.

De Kathy…

Il faut savoir que le mal est profond quand on parle de musique au Cameroun. Le système étant peu favorable à une potentielle émergence, il participe au génocide des talents. Pour ceux qui l’ont connu dans ses débuts, la comparer à Charlotte DIPANDA ou à Kareyce  FOTSO n’est pas osé au regard de son orientation musicale et de son talent.
Roulant sa bosse comme nous aimons bien le dire, entre autoproduction et la sortie de son premier album, le public n’a pas manqué de répondre absent à cause du fait que sa musique ne reflétait ni sexe, ni alcool encore moins branding de la vie de star et du superflue. C’est à se demander si l’on ne devrait plus chanter pour éduquer, sensibiliser et enseigner. Cette fonction de la musique s’en est allée les pieds devant.
Après une longue période d’hibernation, elle renoue avec ce qu’elle considère comme étant la voie par excellence pour toucher le plus grand nombre. Et comme il y a quelques années de cela, le résultat reste le même. Nous sommes occupés à chercher ce qui émeut nos organes. Son album « miroir », bien vendu à l’extérieur semble ne pas intéresser la cible première qui est sa terre natale : le Cameroun. Aucun concert, aucune sollicitation nationale, aucune personnalité du digital Camerounaise ne lui accorde son attention. Ou alors, fallait-il faire comme il est de coutume mettre l’argent avant les gens et le talent ? reconnaissons-le, sa nouvelle renaissance porte les germes de la maturité musicale c’est pourquoi, nous vous recommandons de visiter ses plateformes  site internet, facebook, youtube afin de vous faire une idée.

 

A Éva

La persévérance, l’audace, le courage et la détermination trouvent leur essence première lorsqu’on parle de Eva HAKAPOKA. Très peu d’artiste Camerounais de nos jours investissent suffisamment dans la musique. Pour plusieurs, une séance de studio suffit pour mettre sur le marché un titre qu’ils qualifient toujours de « lourd » et qui va « buzzer ». Eva parvient à titre son épingle du jeu.

La quasi-totalité de ses productions sont exclusivement des Lives. Amoureuse de ce qu’elle fait, elle ne manque pas de puiser dans ses propres ressources pour faire plaisir aux amoureux de la bonne musique. Des concerts gratuits avec des cadeaux à l’appui, la jeune charmante dame a su miser sur son talent pour attirer le public qui en retour lui reproche de ne chanter que l’amour, la joie, le partage, son vécu sans jamais accorder de l’attention aux parties intimes.

Malgré ses investissements, des sacrifices pour la production de ses concerts, le public trouve quand même la force de lui rappeler qu’elle ne connait pas le succès parce que toutes ses prestations scéniques valorisent la culture camerounaise or, gâtée par dame nature, elle gagnerait bien à mettre en avant sa silhouette très généreuse. Pourquoi pas, « nous servir » cela sur scène comme les autres qui ne se privent jamais de nourrir nos yeux à chacune de leur prestation playback.
Très active musicalement parlant, elle nous a et continue de nous produire le fruit de son travail matérialisé par des concerts en hommage aux icônes de la musique. Entre André Marie Talla, Angelique Kidjo et ses interprétations matinales et hebdomadaires sur sa page facebook, la belle nous met bien au quotidien. Qui pourra s’ennuyer sur ses comptes sociaux ?

Malgré leurs efforts quotidiens, elles font du surplace musicalement parlant. Voila pourquoi nous sommes tentés de vous demander ce qu’il faut pour qu’elles soient aussi sous les feux des projecteurs, qu’elles soient reconnues à la hauteur de leur talent. Avec autant de production, qu’est ce qui ne marche pas ?

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POLYGAMIE, POLYGYNIE, POLYANDRIE

Avoir plusieurs compagnes légitimement reconnues par la loi est un système matrimonial connu de tous dans le monde. Pour certains pays africains, la question se pose encore quant à l’idée de légaliser une telle pratiuqe. Au Cameroun par exemple, les interrogations ne sont plus à l’ordre du jour car, selon ses ambitions, un homme peut avoir autant d’épouses qu’il souhaite.

 

Clarification

Triviallement, pour désigner un homme qui a plusieurs femmes on dit qu’il est polygame. Cette expression est d’autant plus répandue probablement à cause des connaissances que nous avons de la signification de certains mots et expressions. Habituellement, “poly” marque le pluriel soit plusieurs en d’autres termes. Alors, il n’est pas malsaint de conclure de façon instinctive que polygamie renvoie à plusieurs femmes.

Cependant, le mot polygamie renvoie à deux catégories distinctes:

  1. Polygynie qui est le fait pour un homme d’avoir plusieurs femmes
  2. Polyandrie qui désigne une femme ayant plusieurs hommes.

Ce sont entre autres des régimes matrimoniaux légalement connus et reconnus par certains Etats. Naturellement, il est clair que dans un pays comme le Cameroun et certains africains, la polyandrie est prohibée.

En clair?

La polyagmie est un régime matrimonial qui confère à une personne (homme comme femme) la capacité d’avoir plusieurs partenaires. Il est péférable si l’on veut parler d’un homme ayant plusieurs femmes de dire de lui qu’il est polygyne et non polygame.

n’empêche qu’il peut signer le régime monogamique (avoir une seule femme reconnue par la loi) et avoir plusieurs autres conquêtes qui, auront le statut de Tchiza (maîtresses) et non d’épouses légitimes.

Sinon, de quelle catégorie es-tu? épouse légitime ou second bureau?

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COMMENT BOIRE SANS SAOULER?

Boire aujourd’hui devrait être inscrit comme nouveau sport mondiale. Une telle discipline demande d’être comptétif et résistant raison pour laquelle, ce numéro dévoile les astuces permettant de consommer en quantité suffisante sans risque de se retrouver saoule.

Ne buvez qu’une seule boisson alcoolisée par heure

Cela peut être un verre d’alcool, de bière, un verre de vin ou un cocktail. Quelle que soit la boisson, essayez de ne boire qu’un verre par heure. Cela vous empêchera de vous détendre, car dans une heure, votre foie aura le temps de traiter l’alcool et de l’éliminer du corps. Si vous vous en tenez à cette heure, vous pouvez boire, mais restez sobre.

Déterminez votre limite de soirée en fonction de votre tolérance à l’alcool

Déterminez cette limite à l’avance et respectez-la. Si vous savez que vous n’avez besoin que de trois verres de bières pour vous saouler, buvez cette bière à des intervalles suffisamment longs pour ne pas vous saouler. Tout le monde a une tolérance différente à l’alcool, il n’y a donc pas de nombre universel. En cas de doute, trois portions pour les hommes et deux pour les femmes sont recommandées.

 

Buvez à bon escient

Buvez pour profiter de vos boissons, pas pour vous saouler. Profitez du goût et de l’odeur de la boisson au lieu de la sécher. Offrez-vous une boisson chère, mais très agréable, car ce sera la seule boisson de la soirée. Dans ce cas, prenez votre temps pour en savourer toutes les nuances.

 

Buvez de l’eau avant, pendant et après chaque verre

Il a été démontré que l’eau favorise le métabolisme de l’alcool. De plus, il vous donne autre chose à boire avant de recommencer à boire. Essayez de boire un verre d’eau avant chaque boisson alcoolisée et buvez également de l’eau pendant que vous buvez de l’alcool.

 

Ne buvez pas tout simplement

La meilleure façon de rester sobre et lucide c’est de ne pas boire tout simplement. Ça vous mettra à l’abri de beaucoups de maux.

 

Si tu as une meilleure astuce, n’oublie pas de la partager avec nous en commentaire.

 

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L’INSURRECTION: UNE OPTION AU CAMEROUN?

Après l’échec de l’opposition à faire partir le président du Cameroun par voie institutionnelle ( en l’occurrence l’élection présidentielle du 7 octobre 2018), certains partisans et sympathisants de cette famille politique pensent que l’unique et dernière solution pour se débarrasser du « monarque d’Etoudi », c’est d’emprunter la voie non institutionnelle. Celle-ci consiste à descendre dans la rue pour contester les résultats promulgués par le conseil constitutionnel, et demander par la même occasion le départ du président. Les discours de ceux qui adhèrent à cette option donnent la forte impression que les manifestations de rue représentent le chemin le plus court et rapide pour atteindre le changement tant souhaité.Pourtant, lorsqu’on y regarde de près, c’est une voie qui peut s’avérer être plus longue, plus périlleuse, plus couteuse, et donc le plus risquée qu’on ne le pense. L’imagerie populaire tend souvent à présenter ceux qui sont favorables aux manifestations de rue comme vaillants et courageux. Ceux qui s’y opposent sont comme lâches et peureux, indiffèrents et/ou corrompus.

Même s’il est vrai que ces différents facteurs peuvent influencer l’adhésion ou non d’un citoyen à une telle démarche, il faut néanmoins souligner que pour les citoyens avertis, c’est avant tout une question de pragmatisme, de responsabilité. Il n’est donc pas ici question de juger de la légalité, de la légitimité, ou encore du bien-fondé des marches de protestations. Mais, d’examiner les coûts et des contrecoups d’une telle démarche en rapport au contexte actuel.

C’est une démarche qui peut s’avérer longue

Parce qu’un homme qui a passé près de 40 ans à peaufiner et à ficeler un réseau de contrôle et de soumission des masses dans le seul but de se maintenir au pouvoir ( et dont la répression militaire figure au premier plan), ne peut pas tranquillement s’en aller après quelques jours de protestations.

Même si (par surprise) la majorité des camerounais se mobilise pour protester, cela prendra des mois voire des années pour finir par s’enliser comme la crise anglophone. Et quand bien même on finira par obtenir son départ, il faudra encore du temps pour reconstruire le pays et stabiliser les institutions.

C’est une démarche qui peut s’avérer périlleuse

Parce qu’il ne suffit pas de dire qu’on va marcher pacifiquement sans rien casser pour éviter qu’il y ait des violences. Par habitude, les forces de l’ordre y opposeront une répression brutale. Les organisateurs de ces marches le savent très bien. Ils espèrent pouvoir compter sur la bestialité de l’armée pour causer des morts et susciter l’intervention de la fameuse communauté internationale.

Mais rappelons-nous que les masses sont quasi incontrôlables, et qu’il y a toujours des personnes malveillantes prêtes à profiter du désordre pour faire des casses à des fin essentiellement alimentaires (comme c’était le cas en 2008 dans les grandes villes du pays). Cependant, il faudra s’attendre à des changements brusque dans la vie quotidienne des camerounais. Des changements allant des restrictions des libertés (couvre-feu, contrôles abusifs…) aux pénuries des ressources essentielles (alimentaires, énergétiques…).

C’est une démarche qui peut s’avérer couteuse

Parce qu’on ne peut vraisemblablement pas être dans les manifestations protestataires et être au travail en même temps. Les activités seront alors aux ralenties mieux en arrêt. Beaucoup de citoyens (tout comme l’Etat) perdront de l’argent, leurs emplois, des biens matériels. Le niveau de vie va considérablement chuter.

Des familles entières seront forcées de se déplacer. Plusieurs camerounais perdront inévitablement la vie. Et une fois la révolte terminée, l’Etat devra mobiliser les moyens pour reconstruire les dégâts. Le coût sera donc conséquent voire incommensurable.

C’est donc une démarche à haut risque

Parce que le peuple y mise ce qu’il possède contre ce qu’il espère avoir. Ceci moyennant un certain nombre de sacrifices en ressources matérielles, en vies humaines, et même en temps. On sait quand ça commence mais jamais quand (et comment) ça se termine, dit le dicton.

Certains diront peut-être que c’est la fin qui justifie les moyens. Mais il faudra également se poser la question de savoir si les conditions sont réunies pour obtenir une fin heureuse. Nous savons par exemple qu’un mouvement protestataire ne peut véritablement se mettre en place sans l’assentiment du peuple, ou d’une bonne partie de celui-ci.

Rester cramponné aux résultats de l’élection présidentielle de 2018, c’est perdre de vu que la transition politique n’est pas forcément un évènement brusque, bref et spontané, mais bien un processus nécessitant un éveil et une veille citoyenne quotidienne ainsi qu’une conjugaison d’actions politiques à court, à long et à moyen terme. 2018 n’a peut-être pas donné les résultats escomptés, mais a quand même produit des fruits notables. L’élection est certes finie, mais la vie politique ne s’arrête pas pour autant.

 

 

Pour un entrepreneur politique sérieux, une élection fut-elle présidentielle ne saurait être une fin mais plutôt un moyen de conquête politique. Au lieu de perdre désespérément du temps à organiser des manifestations politiques quasiment vaines, il est donc de bon ton que les formations politiques de l’opposition et toutes les forces acquises au changement, mettent le cap sur l’avenir et entament prestement les chantiers qui les attendent.  Le défi à relever sera alors celui de capitaliser le regain d’intérêt pour la politique. Notamment chez les jeunes, et accroitre leur intérêt à la participation à la chose politique. Ces leviers sont une nouvelle opportunité de faire évoluer le rapport de force et avoir la possibilité de modifier le système électoral.

 

Une contribution de Cyrille Epangue