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Charbonner : une leçon de persévérance d’Afna Johnson

Chanter pour véhiculer un message autre que le vin, le sexe est devenu de nos jours très difficile. Nos artistes se sont tous orientés vers des sujets qui selon eux sont porteurs d’audience et suscitent le buzz à tout prix. Il faut compter sur des artistes comme Afna Johnson pour faire la différence et servir de guide.

Un texte bien accueilli

Il faut avoir touché les tréfonds de la misère et du manquement pour comprendre la profondeur du texte de sieur Johnson. Habitué aux humiliations et insultes, il a su dévier les pronostics, les paris fait sur lui et servir au grand public ce qu’il est réellement. L’homme lion et fort qui ne se laisse pas influencer par la négativité des propos des autres mais, qui se bat au quotidien pour sortir la tête de l’eau. Dans une société comme la nôtre où les repères se perdent au quotidien, un tel message surgit telle une bouffée d’oxygène et redonne de l’espoir à cette jeunesse dans le besoin.

Un vidéogramme à la hauteur de la prod

Produit par Infinity, le titre charbonner s’inscrit dans la tendance des rythmes actuels. On peut bien remarquer l’aisance avec laquelle le jeune prodige en devenir de la musique urbaine camerounaise se déploie. Ne pas l’imaginer sur la trapp, la pop et autres serait un gros gâchis au regard de ce qu’il démontre dans ce titre accrocheur.Un travail d’équipe qui est bien conclu par RAMAV Prod. La qualité du vidéogramme démontre ô combien le 237 regorge du potentiel. De la qualité de l’image à l’étalonnage, il nous est impossible de trouver la petite bête. Et mettre cinq étoiles sur ce chef d’œuvre n’est que pure formalité.

Pour sortir… ?

Au-delà de cette beauté que représente cette œuvre, reconnaissons quelques mérites de l’artiste :

  • Prestation/déplacement : telle une star confirmée, il se déplace sans aucune difficulté et envahi bien la scène qui est sienne. Quoique quelque peu timide par moment, je crois que ce bémol pourrait être rangé sous le coup de la fatigue due au tournage. Pas souvent très aisé de garder la même énergie du début à la fin.
  • Le texte : c’est le gros problème de nos artistes actuellement. Ils misent tout sur le refrain et lèse les couplets. On peut bien comprendre cet état de cause. Nous privilégions les musiques dansantes au détriment de celles constructives et porteuses de sens. Toutefois, Afna s’est prêté aux jeunes de satisfaire la demande.

 

Un artiste accompli ?

Avec une si jeune carrière à son actif, Afna semble savoir ce qu’il veut et où il veut aller. Prenant à contre-pied ses confrères et ses ainés qui brillent le plus souvent par des singles, Johnson à son actif compte un Ep et un album. Est-ce à dire qu’il aurait des armes suffisantes pour se projeter dans un show grand public ? dans tous les cas, nous savons déjà que sa chaine YouTube est meublée et suscite beaucoup de curiosité.
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KATHY ET EVA: des talents peu connus

Parler de musique aujourd’hui dans le monde de vitesse qui est nôtre, se résume à produire des titres à buzz pour le temps d’une écoute. Lorsque cette donne n’est pas respectée, la course au « son de décembre » est lancée. Une situation qui décrédibilise la musique Camerounaise et place inéluctablement les musiques étrangères au premier rang. Faire de la « bonne musique » aujourd’hui relève du mystique. Les acteurs qui en font, sont parfois sous-cotés ou peu écoutés à cause de l’absence du soutien ou encore de l’orientation qu’ils donnent à leurs œuvres.

De Kathy…

Il faut savoir que le mal est profond quand on parle de musique au Cameroun. Le système étant peu favorable à une potentielle émergence, il participe au génocide des talents. Pour ceux qui l’ont connu dans ses débuts, la comparer à Charlotte DIPANDA ou à Kareyce  FOTSO n’est pas osé au regard de son orientation musicale et de son talent.
Roulant sa bosse comme nous aimons bien le dire, entre autoproduction et la sortie de son premier album, le public n’a pas manqué de répondre absent à cause du fait que sa musique ne reflétait ni sexe, ni alcool encore moins branding de la vie de star et du superflue. C’est à se demander si l’on ne devrait plus chanter pour éduquer, sensibiliser et enseigner. Cette fonction de la musique s’en est allée les pieds devant.
Après une longue période d’hibernation, elle renoue avec ce qu’elle considère comme étant la voie par excellence pour toucher le plus grand nombre. Et comme il y a quelques années de cela, le résultat reste le même. Nous sommes occupés à chercher ce qui émeut nos organes. Son album « miroir », bien vendu à l’extérieur semble ne pas intéresser la cible première qui est sa terre natale : le Cameroun. Aucun concert, aucune sollicitation nationale, aucune personnalité du digital Camerounaise ne lui accorde son attention. Ou alors, fallait-il faire comme il est de coutume mettre l’argent avant les gens et le talent ? reconnaissons-le, sa nouvelle renaissance porte les germes de la maturité musicale c’est pourquoi, nous vous recommandons de visiter ses plateformes  site internet, facebook, youtube afin de vous faire une idée.

 

A Éva

La persévérance, l’audace, le courage et la détermination trouvent leur essence première lorsqu’on parle de Eva HAKAPOKA. Très peu d’artiste Camerounais de nos jours investissent suffisamment dans la musique. Pour plusieurs, une séance de studio suffit pour mettre sur le marché un titre qu’ils qualifient toujours de « lourd » et qui va « buzzer ». Eva parvient à titre son épingle du jeu.

La quasi-totalité de ses productions sont exclusivement des Lives. Amoureuse de ce qu’elle fait, elle ne manque pas de puiser dans ses propres ressources pour faire plaisir aux amoureux de la bonne musique. Des concerts gratuits avec des cadeaux à l’appui, la jeune charmante dame a su miser sur son talent pour attirer le public qui en retour lui reproche de ne chanter que l’amour, la joie, le partage, son vécu sans jamais accorder de l’attention aux parties intimes.

Malgré ses investissements, des sacrifices pour la production de ses concerts, le public trouve quand même la force de lui rappeler qu’elle ne connait pas le succès parce que toutes ses prestations scéniques valorisent la culture camerounaise or, gâtée par dame nature, elle gagnerait bien à mettre en avant sa silhouette très généreuse. Pourquoi pas, « nous servir » cela sur scène comme les autres qui ne se privent jamais de nourrir nos yeux à chacune de leur prestation playback.
Très active musicalement parlant, elle nous a et continue de nous produire le fruit de son travail matérialisé par des concerts en hommage aux icônes de la musique. Entre André Marie Talla, Angelique Kidjo et ses interprétations matinales et hebdomadaires sur sa page facebook, la belle nous met bien au quotidien. Qui pourra s’ennuyer sur ses comptes sociaux ?

Malgré leurs efforts quotidiens, elles font du surplace musicalement parlant. Voila pourquoi nous sommes tentés de vous demander ce qu’il faut pour qu’elles soient aussi sous les feux des projecteurs, qu’elles soient reconnues à la hauteur de leur talent. Avec autant de production, qu’est ce qui ne marche pas ?