Parler de musique aujourd’hui dans le monde de vitesse qui est nôtre, se résume à produire des titres à buzz pour le temps d’une écoute. Lorsque cette donne n’est pas respectée, la course au « son de décembre » est lancée. Une situation qui décrédibilise la musique Camerounaise et place inéluctablement les musiques étrangères au premier rang. Faire de la « bonne musique » aujourd’hui relève du mystique. Les acteurs qui en font, sont parfois sous-cotés ou peu écoutés à cause de l’absence du soutien ou encore de l’orientation qu’ils donnent à leurs œuvres.
De Kathy…
Il faut savoir que le mal est profond quand on parle de musique au Cameroun. Le système étant peu favorable à une potentielle émergence, il participe au génocide des talents. Pour ceux qui l’ont connu dans ses débuts, la comparer à Charlotte DIPANDA ou à KareyceFOTSO n’est pas osé au regard de son orientation musicale et de son talent.
Roulant sa bosse comme nous aimons bien le dire, entre autoproduction et la sortie de son premier album, le public n’a pas manqué de répondre absent à cause du fait que sa musique ne reflétait ni sexe, ni alcool encore moins branding de la vie de star et du superflue. C’est à se demander si l’on ne devrait plus chanter pour éduquer, sensibiliser et enseigner. Cette fonction de la musique s’en est allée les pieds devant.
Après une longue période d’hibernation, elle renoue avec ce qu’elle considère comme étant la voie par excellence pour toucher le plus grand nombre. Et comme il y a quelques années de cela, le résultat reste le même. Nous sommes occupés à chercher ce qui émeut nos organes. Son album « miroir », bien vendu à l’extérieur semble ne pas intéresser la cible première qui est sa terre natale : le Cameroun. Aucun concert, aucune sollicitation nationale, aucune personnalité du digital Camerounaise ne lui accorde son attention. Ou alors, fallait-il faire comme il est de coutume mettre l’argent avant les gens et le talent ? reconnaissons-le, sa nouvelle renaissance porte les germes de la maturité musicale c’est pourquoi, nous vous recommandons de visiter ses plateformes site internet, facebook, youtube afin de vous faire une idée.
A Éva
La persévérance, l’audace, le courage et la détermination trouvent leur essence première lorsqu’on parle de Eva HAKAPOKA. Très peu d’artiste Camerounais de nos jours investissent suffisamment dans la musique. Pour plusieurs, une séance de studio suffit pour mettre sur le marché un titre qu’ils qualifient toujours de « lourd » et qui va « buzzer ». Eva parvient à titre son épingle du jeu.
La quasi-totalité de ses productions sont exclusivement des Lives. Amoureuse de ce qu’elle fait, elle ne manque pas de puiser dans ses propres ressources pour faire plaisir aux amoureux de la bonne musique. Des concerts gratuits avec des cadeaux à l’appui, la jeune charmante dame a su miser sur son talent pour attirer le public qui en retour lui reproche de ne chanter que l’amour, la joie, le partage, son vécu sans jamais accorder de l’attention aux parties intimes.
Malgré ses investissements, des sacrifices pour la production de ses concerts, le public trouve quand même la force de lui rappeler qu’elle ne connait pas le succès parce que toutes ses prestations scéniques valorisent la culture camerounaise or, gâtée par dame nature, elle gagnerait bien à mettre en avant sa silhouette très généreuse. Pourquoi pas, « nous servir » cela sur scène comme les autres qui ne se privent jamais de nourrir nos yeux à chacune de leur prestation playback.
Très active musicalement parlant, elle nous a et continue de nous produire le fruit de son travail matérialisé par des concerts en hommage aux icônes de la musique. Entre André Marie Talla, Angelique Kidjo et ses interprétations matinales et hebdomadaires sur sa page facebook, la belle nous met bien au quotidien. Qui pourra s’ennuyer sur ses comptes sociaux ?
Malgré leurs efforts quotidiens, elles font du surplace musicalement parlant. Voila pourquoi nous sommes tentés de vous demander ce qu’il faut pour qu’elles soient aussi sous les feux des projecteurs, qu’elles soient reconnues à la hauteur de leur talent. Avec autant de production, qu’est ce qui ne marche pas ?